L’histoire du fauteuil en paille

Vous êtes-vous déjà demandé comment la paille a fini par s’inviter dans la fabrication d’un fauteuil ? Si la question vous titille, vous êtes au bon endroit. Comme tout meuble qui a traversé les décennies, le fauteuil en paille possède sa propre histoire, faite de savoir-faire ruraux et de gestes patients. C’est justement ce récit que l’on déroule ici, sans jargon inutile.

Chaise basse en paille vintage - 1950

Chaise basse en paille vintage – 1950

Le paillage (ou empaillage), c’est quoi au juste ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, autant clarifier la technique qui a rendu possible l’usage de la paille dans un siège. On l’appelle le paillage, parfois l’empaillage : deux mots pour une même réalité artisanale, ne cherchez pas de différence entre les deux.

Dans son sens premier, le paillage consiste à recourir à de la paille pour façonner une partie d’un meuble, le plus souvent une chaise ou un fauteuil. La zone concernée, dans la quasi-totalité des cas, c’est l’assise : c’est elle qui reçoit le tressage.

Quand on remplace l’assise en paille d’origine par une neuve, on parle alors de rempaillage. Petite précision de terrain : un rempaillage soigné se compte en heures de travail, pas en minutes, ce qui explique bien des écarts de prix chez les artisans. Reste à comprendre comment cette technique s’est glissée dans la fabrication du fauteuil.

Aux origines du fauteuil en paille

Tout part de l’adoption progressive de la paille dans le mobilier populaire. La pratique s’installe après la Renaissance italienne, autour de la fin du XIVème siècle, dans les campagnes où la matière première (la paille de seigle) ne manquait pas. Les premiers artisans s’en servaient pour le recouvrement, et utilisaient la laîche, une plante des zones humides, pour former le cordon qui structure l’assise.

Comme ces meubles restaient abordables, l’intérêt a grandi de proche en proche. Les commandes de chaises à ossature en rondins de bois et assise paillée se sont multipliées dans l’artisanat local, au point de devenir un classique des intérieurs modestes.

Le passage à l’assise de fauteuil s’est fait plus lentement, et il serait présomptueux de dater cette bascule au siècle près. Une chose est sûre : les boutiques d’antiquités regorgent encore de fauteuils en paille. Vous en croiserez qui remontent au XVIIIème siècle, d’autres au XIXème, quelques-uns au XXème.

Ce qui saute aux yeux quand on les compare, c’est leur diversité : chaque pièce a son style, ses proportions, ses essences de bois. Le seul dénominateur commun reste la paille, tressée au niveau de l’assise, signature discrète d’une même filiation.

Si ces modèles anciens ne vous font pas vibrer, rien ne vous empêche de commander un fauteuil sur mesure à un artisan spécialisé. Gardez toutefois en tête le poids de la main-d’œuvre : même chevronné, un professionnel a besoin d’une journée entière pour réaliser une assise dans les règles de l’art.

Budget plus serré ? La fabrication industrielle reste une porte d’entrée logique. Elle revient forcément moins cher, mais souvent au prix d’une matière synthétique qui imite la paille sans en avoir la patine ni la longévité. À vous de placer le curseur entre l’authentique et le pratique.